PREMIERE PARTIE.
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d’êti-e; distinguer, par exemple , son mouvement deson. repos , et le moment où elle végète sans alimensde celui où elle végète par la nourriture. Bornons-là,si, vous voulez, l’action de son intelligence ; c’est bienpeu, mais c’est quelque chose. Et il nous semble qu’onne peut lui refuser cette misérable pensée sans lui re^fuser toute espèce de sentiment; car une sensationqu’on ne distinguerait pas d’une autre serait, pourme servir de l’expression que j’ai condamnée , unesensation nçnperçue, c’est-à-dire, une sensation nonsentie, c’est-à-dire, rien.
Nous les avons vus, nous les avons étudiés, cesmalheureux Crétins, ces pauvres idiots que l’on ditprivés de toute action de la pensée , et bornés à la ca-pacité de sentir. Sans doute, impuissans contre lanature et contre les hommes, ils ne peuvent luttercomme nous avec les sensations pénibles , avec lessentimens douloureux. Leur sensibilité , que n’apoint exercée une intelligence capable de la régler,occupe une si grande place dans l’expression de leurvie intérieure, que nous autres logiciens, accoutu-més à ne voir la pensée que là où retentit la parole,nous proclamons témérairement qu’ils ne pensentpas. El que font-ils donc , quand ils viennent frap-per à la porte hospitalière , et s’écartent de la maisonqui se ferma devant eux ? Que font-ils, quand, par unlong détour, ils vont gagner le pont, au lieu de suivrela chèvre qui passe le torrent sur un tronc d’arbrerenversé? Que font-ils, quand ils préfèrent au crut-zerdu voisin le florin du voyageur ; et quand, au spu