CHAPITRE PREMIER.
ÉLÉMENS DE LA I'ENSGE.
L’enfant vient de naître : le plaisir et la douleurétaient là pour le recevoir. Attirés par les cris et lesourire de sa mère, ils s’emparent de son existence ;ils ne le quitteront plus. L’être humain s’est senti parl’angoisse de la souffrance , ou.par la douce émotiondu bien-être.
Ce n’est pas tout. Le monde entier assistait à sanaissance, avec son éblouissante lumière, ses cou-leurs, ses formes, ses bruits incompréhensibles, etses fantastiques mouvetnens. L’enfanln’a rien démêlédans ces rêves de la vie : ce qu’il était, ce qu’il est,même s’il est quelque part, il l’ignore : ses organesne pourraient supporter le travail de cette recherche,il mourrait s’il voulait se comprendre, Mais il sentqu’il n’est pas seul : et là commence sans doute,quoique bien obscurément, la distinction du moi etdu non moi, qui doit renfermer un jour toute la phi-losophie.
Tout entier à chaque manière de sentir , identifiétour à tour avec son premier malaise , son premierbesoin, sa première jouissance, le reste est quelquesmomens pour lui comme s’il n’était pas. Cependantil sent; et nous pouvons déjà considérer en lui cettemanière d’être, sous deux points de vue divers ; seu-