490 Des Charlatans.en les jettant dans des maux de langueur,qui réduifent toute une famille à la mendicité.
§ 609. Un homme ignorant, fourbe, men-teur , & impudent, féduira toujours le peu-ple groffier St crédule, incapable de juger derien , de rien apprécier, qui fera éternelle-ment la dupe de quiconque aura la baffe/Tede chercher à éblouir fes fens, St qui, par-là meme, fera fripponné par les Charlatans,tant qu’on les tolérera. Mais le Magifhat, fontuteur, fon protedeur, fon pere, ne devroit-ilpas le fouftraire à ce danger, en prohibant fé-vérement l’entrée de ce pays où les hommesiont précieux, St l’argent rare, à des hommespernicieux, qui détruifent les uns St empor-tent l’autre, fans pouvoir jamais y faire le pluspetit bien. Des raifons auffi fortes peuvent-elles permettre de différer plus long-tempsleur exil , puifqu’il n’y a pas la plus petiteraifon de les admettre.
§ 610. Les Maîges n’emportent pas, il eftvrai, l’argent du pays comme les Charlatanspafîants; mais le ravage qu’ils font parmi leshommes eft continuel, & par-là même, irn-menfe ; St chaque jour de l’année efl mar-qué par le nombre de leurs vidâmes. Sansaucune connoiffance, tans aucune expérience,armés de trois ou quatre remedes, dont ilsignorent auffi profondément la nature , quecelle des maladies dans lefquelles ils les em-ploient , St qui, étant prefque tous .violents,font véritablement un glaive dans la main d’unfurieux, ils empirent les maux les plus légers,& rendent, à coup fur, mortels ceux qui font