des Enfants. 315pour le retranchement, quoiqu’une pratiquegénérale & meurtrière établiffe le contraire,
& qu’un ut'age pernicieux autorité les nourri-ces à remplir d’autant plus ces petites créa-tures , qu’elles ont moins befoin d’aliments. „L’on s’imagine que les pleurs font toujours lecri de la faim , & dès qu’un enfant pleure ,011 lui donne à manger, fans vouloir faireattention que ces pleurs étoient peut-être l’ef-fet du mal-aife que lui procurait un eftomactrop rempli, ou de douleurs dont on n’en-leve pas la caufe en les faifant manger, maisà laquelle le manger les rend infenfîbles pen-dant quelques moments, premièrement en lesdéfrayant, fecondement en les endormant,effet du manger chez les enfants, qui eft allezconfiant Sc qui dépend des mêmes caufes quiaffoupiffent tant d’adultes après le repas.
L’on ne l’aurait croire tout le mal qu’onfait aux petits enfants en leur prodiguant ainfïles aliments , dans le temps que leurs dou-leurs dépendent de caufes très-différ«ntes dela faim ; je fouhaite que les meres fenféesveuillent ouvrir les yeux fur cet abus, & lefaire cetler.
Ceux qui leur donnent beaucoup à man-ger dans lefpérance de les fortifier, fe trom-pent beaucoup, & il n’y a point de préjugéqui en tue un autïv grand nombre ; tout cequ’un enfant prend au-delà de fes befoins ,FafFoiblit au-lieu de le fortifier; l’eflomac dif-tendu perd fes forces, & devient moins ca-pable de faire enfuite des bonnes digeftions;cet excès d’aliments empêche la digeflion de
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