Ann. 1768.Mai.
341 Voyage
: Bon thaï n eft une grande baie où les vaifîeaux
peuvent mouiller en toute fureté pendant les deuxmouflons ; les fondes y font bonnes & régulières &le fond de vafe molle ; en entrant , il n’y a d’autredanger à craindre qu’une bande de rochers qu’on voitau-deflus de l’eau , &c qui font une excellente balifepour mettre à l’ancre. La plus haute terre qu’onapperçoive, eft appellée la Montagne Bonthain , &lorfqu'un vaifleau eft au large à deux ou trois mil-les de diftance de la terre , il doit porter jufqu’à ceque cette colline lui refte N. ou N. } O, & enfuitecourir dans la baie & mouiller. Nous mîmes à l’ancreau-deffous de cette colline, à environ un mille dediftance de la côte. Il y^a dans cette baie plufieurspetites villes, celle qu’on nomme Bonthain eft fltuéedans la partie N. E., & c’eft—là que fe trouve le Fortpalifladé dont nous avons déjà fait mention , & furlequel font montés huit canons de huit. Cette forte-refle fuflit feulement pour contenir dans la foumiflionle peuple du pays , elle n’a pas été conftruite à d’autredefl'ein ; elle eft bâtie fur le côté oriental d’une petiterivière dans laquelle un vaifleau peut naviguer juf-qu’au pied du Fort. Le Réfident Hollandois a le com-mandement de la place , ainft que de Bullocomba,autre ville fltuée à environ vingt milles plus loin àl’Eft, & où il y a aufli un Fort & un petit nombrede Soldats, qui dans la faifon font occupés a recueillirle riz , que le peuple paye aux Hollandois en formed’impôt.
On peut s’y procurer de l’eau & du bois en grande