du Capitaine Carteret. 343
abondance ; nous coupâmes notre bois près de la rivière,au-deffous de la montagne Bonthain ; nous tirâmesnotre eau en partie de cette rivière & en partie d’uneautre ; lorfque cette dernière nous fervoit d’aiguade ,notre bateau alloit au-defîùs du Fort avec les futaillesqui dévoient être remplies , & où il y a un bon che-min pour les décharger ; mais comme la rivière eftpetite & qu’elle a une barre , le bateau chargé ne pou-voit s’en revenir qu’à la marée haute. Il y a dans labaie plufieurs autres petites rivières , qui peuvent aubefoin fournir de l’eau douce.
AnnMa
Pendant tout le tems que nous fûmes à Eonthain ,nous y achetâmes, à un prix raifonnable, une grandequantité de provifions fraîches; le bœuf eft excellent,mais il feroit difficile d’y en trouver affiez pour uneefcadre. On peut s’y procurer autant de riz , de vo-laille & de fruits qu’on le délirera ; il y a auffi dansles bois une grande abondance de cochons fauvages,qu’il eft facile d’avoir à bon marché , parce que lesNaturels du pays qui font Mahométans n’en mangentjamais. On peut y prendre du poiflon à la feine, &les habitans de l’Ifle nous fournirent des tortues dansla faifon ; car la tortue , ainfi que le porc , eft poureux un aliment qu’ils ne mangent dans aucun tems.
Celebes eft la clef des Moluqucs ou des Mes àépiceries , qui font néceflairement fous la domina-tion du peuple qui eft maître de cette Ifte ; la plu-part des vaifl'eaux qui font voile aux Moluqucs ou àBanda y touchent , & dirigent toujours leur routeentre cette Me & celle de Solayer. Les petits bœufs