du Capitaine Carteret. 341
afin de punir comme il le méritoit celui qui l’avoitécrite. Il n’eft pas nécefîaire de dire que je ne lalâchai point, parce que l’auteur auroit été puni avecune égale févérité , foit qu’il m’eût mandé des chofesvéritables ou faufîes. Je fis au Gouverneur une réponfepolie, par laquelle je juftifiois les mefures que j’avoisprifes, fans le charger ni lui ni Tes alliés d’aucun mau-vais deflein contre nous ; & certainement j’ai les plusgrandes raifons de croire que l’accufation énoncéedans la lettre n’étoic pas allez fondée, quoiqu’il ne foiepas aulli probable que l’auteur fût convaincu de lafaulfeté du complot en me l’annonçant.
Le 22 , à la pointe du jour , je fis voile de Bon -thaïn ; je dirai peu de chofe de cette place, ainfi quede la ville de Macajfar & du pays adjacent , parcequ’il y a déjà plulieurs deferiptions de rifle des Celebes& de fes habitans. La ville eft bâtie fur une efpècede pointe de terre & elle eft arrofée par une rivièreou deux qui la traverfent ou qui coulent dans fonvoifinage. Cette rivière paroît être grande , & unvaifléau petit la remonter jufqu’à une demi - portéede canon des murailles de la ville. Le terrein dansles environs eft uni & d’une très-belle apparence;il y a beaucoup de plantations & de bois de cocotiers,entremêlés d’un grand nombre de maifons qui fontjuger que le pays eft bien peuplé. Le terrein en s'éloi-gnant de la côte , s’élève en collines fort hautes &
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devient hérifle & montueux. La ville eft fituée au 5 dio' ou 12 ' de latitude S., & fuivant notre eftime au117 d 2S ' de longitude E. de Londres.
Ann. 1768.Mai.