Voyage
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55S malades que nous jugeâmes ne pouvoir pas fe rétablir
7 ^7- à bord, & je retins le refte pour la garde du vaiffeau.Dès que nos gens furent à terre, on les mit fous unegarde de trente - fix hommes, de deux fergens & dedeux Caporaux commandés par M. le Cerf. On nepermit à aucun de nos malades de s’éloigner de plusde trente verges de l’hôpital, & on ne fouffrit pointque les Naturels du pays s’approchalfent de plus prèsd’eux pour leur vendre quoique ce fût ; de fortequ’ils n’achetoient rien que par l’entremife des fol-dats Hollandois qui abufoienc honteufement de leurpouvoir. Lorfqu’ils voyoient les habitans du pays ap-porter des provifions qu’ils penfoient devoir convenirà nos infirmes , ils les faifilToient d’abord & deman-doient enfuite le prix. Le foldat ne faifoit guères at-tention au prix du vendeur, il les payoit ce qu’il ju-geoit à propos, c’eft-à-dire une fomme qui étoit àpeine le quart de leur valeur. Si le pauvre campagnards’avifoit de témoigner quelque mécontentement, il lefatisfaifoit bientôt en tirant fon grand fabre & en efpa-donnant par-deffus fa tête. Cet expédient fuffifoit tou-jours pour appaifer les plaintes & renvoyer tranquil-lement l’ofTenfé : enfuite le foldat vendoit ce qu’il avoitainfi acquis quelquefois à plus de mille pour cent deprofit. Ces procédés étoient fi c/uels envers les Na-turels du pays, & fi injurieux à notre égard, quej’en fis des plaintes au Réfident , à le Cerf & au Se-crétaire. Le Réfident réprimanda les foldats d’unemanière convenable ; mais fa harangue produifit fi peud’effet, que je ne pus m’empêcher de foupçonner quele Cerf connivoic à ces pratiqués & en partageoit les