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du Capitaine Carteret. 333
avantages. Je le foupçonnois aufli de vendre de l’ar-rack à mes gens ; je m’en plaignis fans obtenir de ré-paration. Je favois d’ailleurs que fes efclaves étoientoccupés à acheter au marché des chofes que fa fem-me nous vendoit enfuite deux fois plus qu’elles nelui avoient coûté. Les foldats fe rendirent coupablesde plufieurs autres délits : chacun d’eux, à fon tour,devoit procurer des proviflons pour toute la garde,& il s’acquittoit ordinairement de cette fonétion enallant dans la campagne avec fon fufil & un fac.L’honnête pourvoyeur n’étoit pas toujours content deremplir fon fac ; un d’eux prit, fans autre cérémonie,un jeune buffle qui appartenoit à des payfans ; fescamarades n’ayant pas du bois tout prêt pour le fairecuire, ils abattirent pour cela quelques-unes des pa-lilfades du Fort. Lorfqu’on me rapporta cette nou-velle , je la regardai comme fl extraordinaire , quej’allai à terre pour voir la brèche , & je trouvai lespauvres Noirs occupés à la réparer.
Le z 6, un floupe chargé de riz fut envoyé de B011-tUain à MacaJJar pour y débarquer fa cargaifon ; maisaprès avoir tenté le paffage inutilement pendant troisjours , il fut obligé de s’en revenir. Le tems étoitalors extrêmement orageux, & toute efpèce de navi-gation de l’Efl: à l’Oueft fut impoffible jufqu’au retourde la mouflon d’Eft. Le même jour deux grands {lou-pes qui faifoient voile à l’Efl:, mouillèrent ici, & lelendemain au matin, 27 , un gros vaifleau , venant deBatavia , & qui avoit h bord des troupes pour lesMes de Banda, y mit aufli. à l’ancre , mais on ne
Ann. 1767.Décemb.