Voyage
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puifqu’il valoit mieux périr tout d’un coup dans un^Décemb 7 * j u ^ e com bat, t î ue de fouffrir d’avance les douleursaccablantes de prévoir tous les jours une mort quenous ne pouvions pas éviter. Je leur fis remarquerauffi qu’aucun peuple civilifc n’avoit jamais lailTé périrles prifonniers de guerre , faute de leur accorder lesnéceffités de la vie, 6t beaucoup moins les fujets desalliés qui demandoient feulement la permiffion d’ache-ter des alimens pour leur argent. Ils convinrent vo-lontiers de la vérité de tout ce que je leur difois,mais ils fembloient penlèr que je m’étois trop prefie ;mais quand je leur dis que j’avois attendu tout letems que j’avois fixé , ils me firent quelques excufesde n’être pas venus plutôt, 6c ils ajoutèrent que pourme prouver qu’on avoit accordé ce que je défirois ,ils apportoient les provifions que fournit leur pays.Nous les prîmes fur le champ à bord ; elles confiftoienten deux moutons, un élan fraîchement tué, un petitnombre de volailles 6c quelques fruits ou végétaux.Ces provifions qui nous arrivoient fort a propos ,furent partagées entre les gens de l’équipage, 6c onen fit un bouillon fort agréable 6c très-falutaire pourles malades. Ils me montrèrent enfuite une autrelettre du Gouverneur, qui, à mon grand étonnement,m’enjoignoit de nouveau de quitter le port , 6c quiafin de justifier cet ordre, alléguoit qu’il ne pouvoit pasfouffrir qu’aucun vaiffeau de quelque nation qu’il fût,féjournât ou commerçât dans le port , fans manquerà la convention qui a été faite par la Compagnie Hol-landoife avec les Rois originaires 6c les Gouverneursdu pays, qui avoient déjà témoigné quelque mécon-