du Capitaine Carteret. 317
lentement à l’occafion de notre arrivée ; pour plusamples détails, il me renvoyoit aux Officiers porteursde la lettre, qu’il appelloit (es Commiffiaires. J’obfer-vai a ces Meilleurs qu’aucune ftipulation , relativementau commerce , ne pouvoir nous concerner , puifquenous étions un vaiffieau de roi ; je leur produiiis enmême-tems ma commiffion, en leur difant qu’on nepouvoit pas fans abufer du langage & bleffer le fenscommun , appeller commerce la vente qu’on nousferoit des alimens &c des rafraîchiffemens que nousdemandions pour notre argent. Ils me firent enfuiteplufieurs propoiitions que je rejettai , parce qu’ellescomprenoient toutes mon départ de cet endroit avantle retour de la faifon. Je leur réitérai ma premièredéclaration , & afin de lui donner plus de force, jeleur fis voir le cadavre d’un de mes hommes qui étoitmort le matin & dont la vie auroit probablement étéfauvée , s’ils nous avoient vendu des rafraîchiffemenslorfque nous mîmes à l’ancre pour la première fois furleur côte. Ce fpeétacle les déconcerta : après avoirgardé quelque tems le filence , ils s’informèrent avecempreffement fi j’avois été dans les Ifles à épiceries;je leur répondis que non, & ils parurent convaincusque je difois vrai. Nous en vînmes à une efpèce d’ar-rangement , ils me dirent que quoiqu’ils ne puffentpas fans défobéir aux ordres les plus pofitifs & lesplus exprès de la Compagnie , nous permettre de relierlà , cependant j’étois le maître d’aller dans une petitebaie peu éloignée, où je trouverois un abri fur contrela mouffon dangereufe & où je pourrois dreffer uiihôpital pour mes malades ; ils m’affurèrent en même-