du Capitaine Carteret. 313
l’un d’eux, nommé M. le Cerf, étoit Enfeigne de lagarnifon , & l’autre , M. Douglafs, Ecrivain de la, Compagnie Hollandoife. Ils me remirent la lettre duGouverneur, mais elle fe trouva écrite en Hollandois,Langue qui n’étoit entendue d’aucun des hommes del’équipage. Les deux Officiers cependant qui me l’ap-portèrent , parloient François , & l’un d’eux la tradui-fit dans cette Langue. Elle contenoit en fubftance» que je devois partir à l’inftant du port, fans appro->? cher plus près de la ville; que je ne devois point3 > mettre à l’ancre fur aucune partie de la côte , ni33 permettre k nos gens de débarquer dans aucun en*3 j droit fournis k fa jurifdiétion «. Avant de faire deréponfe k cette lettre, je montrai aux Envoyés quime l’avoient apportée, le nombre de nos malades ; ilsparurent fort affligés k la vue de tant d’hommes mal-heureux qui le mouroient de langueur & d’infirmité ;je leur repréfentai qu’ils étoient témoins de la nécef-fité preffante où nous étions de nous procurer desrafraîchiffemens ; qu’il feroit injufte & cruel de refii-fer de nous en vendre ; que puifque nous étions furun vaiffeau de Roi, on agiroit non-feulement contreles traités fubliftans entre les deux Nations, maisencore contre les loix de la nature. Ils fembloientconvenir de la force de ce raifonnement , mais ilsavoient une réponfe,cô'urte & décilive toute prête;33 ils difoient toujours que des ordres abfolus & in-difpenfables de leurs Maîtres, auxquels ils dévoient35 obéir, ne leur permettoient pas de fouffrir qu’aucun33 vaiffeau , de quelque nature qu’il fut, féjournât dans33 ce port a. Je leur répliquai que des perfonnes qui
Sf ij
Ann. 1767.Décemb.