^12, Voyage
de faire le contraire ; mais lorfque mon Officier arrivaAnn. 1767. au quai de la ville , on ne lui permit pas de débar-Decemb. q U£r non pl us q U ’à qui q Ue ce foit du bateau. II re-fufa alors de délivrer fa lettre à un meffager; le Gou-verneur en fut inflruit, & il envoya deux Officiersappelles le Sabandar & le Fifcal ; ils dirent à monLieutenant qu’il ne pouvoit pas remettre lui-mêmela lettre au Gouverneur, parce qu’il étoit malade &qu’ils venoient par fon ordre exprès la chercher. M.Gower la leur donna enfin , & ils s’en allèrent. Tan-dis qu’ils retournèrent à la ville , mon Officier & fesgens relièrent à bord du bateau expofés à la chaleurbrûlante du foleil, qui étoit prefque perpendiculaire àmidi ; & on ne fouffrit pas qu’aucun des bateaux dupays approchât d’eux pour leur vendre des rafraî-chilfemens. Sur ces entrefaites nos hommes du bateauobfervèrent beaucoup de tumulte & de bruit fur lacôte, & tous les lloupes & bâtimens propres à êtrearmés en guerre, furent équippés avec toute la promp-titude pollible. Je crois pourtant que nous l’aurionsemporté fur toutes leurs forces maritimes, fi l’équipageavoit été bien portant. Alors je formai le delfein dem’avancer & de mouiller tout près de la ville ; maisle bateau étoit abfent, & avec tous nos efforts réunis fnous ne pûmes pas lever l’ancre , quoique ce fût unedes petites. Après que mon Lieutenant eut attenducinq heures dans fon bateau , on lui dit que le Gou-verneur avoir dépêché deux Officiers vers moi, &qu’ils portoient réponfe à ma lettre. A peine fut-ilde retour & nous eut-il fait ce rapport, que les deuxenvoyés arrivèrent à bord. Nous apprîmes enfuite que