du Capitaine Carteret. 199
pointe la plus occidentale de la baie que nous fuppo-fâmes avoir été dépêchée de la ville, pour apprendrequi nous étions , ou au moins pour reconnoître ceque nous faifions. Dès que j’apperçus cette pirogue ,j’arborai pavillon Anglois. Je ne défefperois pas qu’ellevînt à bord; mais après nous avoir examiné quelqueîems, elle s’en retourna. Comme nous n’avions vu au-cuns veftiges d’habitans à l’endroit de l’aiguade, j’avoisdeffein d’y remplir de nouvelles futailles le lendemain,& de tâcher aulli d’y faire du bois ; mais lur les neufheures du loir , nous fûmes furpris d’entendre tout-à-coup un bruit fort fur cette partie de la côte qui'étoit vis-à-vis le vailfeau. Ce bruit étoit produit parun grand nombre de voix d’hommes , & refîèmbloitbeaucoup au cri de guerre que les Sauvages d’Amé-rique pouflènt au moment de leurs combats, & qui,au rapport de tous ceux qui l’ont entendu , a quelquechofe de li terrible & de fi affreux qu’on ne peutl’exprimer.
Je fus alors de plus en plus convaincu qu’il étoitnéceflaire d’employer le peu qui nous refioit de forces dumieux qu’il nous feroit poffible. Nous continuâmes lelendemain , 3 , à tirer les canons de la calle , & à raccom-moder les agrès qui en avoient befoin. N’ayant apperçuaucun des Infulairesqui s’étoient efforcés de nous effrayerpar leurs cris pendant la nuit, j’envoyai à onze heu-res la chaloupe à terre pour y faire encore de l’eau.Comme je penfois que probablement ils s’étoient ca-chés dans les bois , je tins le canot armé & équipéavec le Lieutenant à bord, tout prêt à donner du fe-
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Ann. 1767.Novemb.