300
Voyage
cours h nos gens s’ils croient menacés de quelque dan-Ann. 1767. ger. Il parut bientôt que mes conjectures étoient fon-Novemb. ^ es . car nos g ens n ’ eurenc p as plutôt quitté lachaloupe, qu’un grand nombre d’Infulaires armés for-tirent du bois ; l’un d’eux portoit à la main quelquechoie de blanc que je pris pour un ligne de paix. Jerelfentis de nouveau dans cette occalion ce que j’avoisdéjà éprouvé plulieurs fois auparavant, combien lemauvais équipement du vailfeau étoit malheureux pournous. Je n’avois point h bord de pavillon blanc , &pour fuppléer a ce défaut du mieux qu’il m’étoit polîible,j’ordonnai à mon Lieutenant , que j’envoyai à terredans le canot, d’arborer une de mes nappes. Dès quel’Officier eut débarqué, le porte-étendard & un autreInlulaire s’approchèrent de lui fans armes & le reçu-rent avec de grandes démonflrations d’amitié. L’und’eux lui adreffa la parole en Hollandois, Langue quin’étoit entendue d’aucun de nos gens. Il proféra en-fuite quelques mots en langage Efpagnol , qu’un deshommes de notre canot favoit fort bien. L’Indiencependant parloit li mal, que ce fut avec beaucoupde peine , & par le fecours de plulieurs lignes, qu’ilfe lit entendre. Peut-être que li quelqu’un de notreéquipage avoit fu l’Hollandois, il l’auroit trouvé auffipeu habile dans cette Langue que dans l’autre. Il s’in-forma du Capitaine qu’il appelloit Skypcr, maître dunavire, & il demanda li nous étions Hollandois, linotre bâtiment étoit un vailfeau de guerre ou un vaif-feau marchand , combien il portoit d’hommes & decanons, & li nous allions à Batavia, ou bien li nousen revenions. Lorfque nous eûmes répondu à toutes