du Capitaine C arteret. lîy
vaillée d’un feul arbre , mais elle avoit un balancier.Nous y trouvâmes fix beaux poifïons, une tortue, quel-ques ignames , une noix de coco & un fac remplid’une petite efpèce de pommes ou de prunes d’un goûtdouceâtre & d’une fubftance farineufe. Ce fruit étoitun peu applati , & il étoit entièrement différent deceux que nous avions vus auparavant, & des autresque nous avons rencontrés dans la fuite. On pouvoitle manger crud, mais il étoit beaucoup meilleur bouilliou rôti dans les cendres. Nous y trouvâmes aufîideux grands pots de terre qui avoient une forme afiezreffemblante à celle d’une cruche, avec une large bou-che , mais fans anfes , & une quantité confidérablede nattes qui fervent à ce peuple de voiles & debannes, en les étendant fur des baguettes courbées,à la façon de nos chariots couverts. Par ce que con-tenoit ce bâtiment, nous jugeâmes qu’il avoit été em-ployé à la pêche; nous remarquâmes que les Indiensavoient du feu à bord & un pot deffus, dans lequelils faifoient cuire leurs alimens. Lorfque nous eûmesfatisfait notre curiofité en examinant cette pirogue,nous la mîmes en pièces pour en faire du bois à brûler.
Ces Infulaires font la même race d’hommes quenous avions vus auparavant ifur la côte de la Nou-velle-Irlande, & à l’Ifle d ’Egmont ; ils font d’une cou-leur de cuivre foncé, prefque noirs, avec une têtelaineufe. Ils mâchent du bétel & vont entièrementnuds, fi l’on en excepte des parures groffières de co-quillages enfilés en cordon qu’ils portent autour deleurs jambes & de leurs bras. Ils poudroient aufiï leurs