Voyage
Ann. 1767.Septemb.
Canal de St.-George.
Nouvelle-Ir-
lande.
2.78
il a environ huit lieues de largeur, & peut être re-gardé comme le premier goulet du détroit. En gou-vernant enfuite au N. O. f O. toute la nuit, nous trou-vâmes, le 11, a la pointe jour, que nous avions perdude vue Pille la plus méridionale, ou la Nouvelle-Bre-tagne ; & après nous être alluré que la baie fuppoféeeft un détroit, je l’appellai Canal de Saint-George ,& je donnai à Pille feptentrionale le nom de Nova -Hibernia , ou Nouvelle-Irlande. Le tems étant bru-meux , avec un vent fort & des raffales fubices, jecontinuai à porter le long de la côte de la Nouvelle -Irlande , à la diftance d’environ fix lieues, jufqu’à ceque je fufle en travers de fon extrémité occidentale,& changeant alors de direction, je gouvernai O. N. O.Je remarquai clairement que nous étions poulTés lelong de la côte par un fort courant à l’Oueft. A midinous trouvâmes par les obfervations que nous avionsdérivé beaucoup au Nord du lock; mais comme il étoitîmpoffible que le courant eût fa direction exaélementau Nord, puifque c’eût été précifément contre laterre , je fus obligé , pour corriger mon eftime , dene pas fuppofer moins de vingt-quatre milles , cequi eft à-peu-près l’étendue du gïfement de la terre,le long de la côte. La variation de l’aiguille étoit à cetems d’environ une demi-pointe à P Eft. Nous décou-vrîmes fur le foir une belle Ifle, grande, & qui for-me un détroit ou paflage entr’elle & la Nouvelle-Ir-lande. Le tems fut très-fombre, accompagné de raffales& de pluie ; nous mîmes à la cape, ne fachant pas àquels dangers la navigation de ce détroit pouvoit nousexpofer. La nuit fut orageufe avec beaucoup de ton-