IJle de Sand*wich.
du Capitaine Carteret. 279
lierres & d’éclairs ; mais le tems s’éclaircit vers lesdeux heures du matin. Le ix , les coups de vent fe Ann. 1767.changèrent en petite brife , & la lune répandant uneclarté très-brillante , nous remîmes à la voile , &nous trouvâmes un fort courant qui nous portoit àl’Oueft à travers le paffage du fécond goulet qui aenviron cinq lieues de largeur. L’Ifle eft d’une af-peét agréable & très-peuplée ; je l’appellai IJle deSandwich 3 en honneur du Comte de ce nom, aujour-d’hui premier Lord de l’Amirauté. Elle eft plus grandeque l’Ifle du Duc d’York, & il nous fembla qu’il yavoit quelques baies & havres très-bons fur la côte.
On trouve fur fa partie feptentrionale un pic remar-quable , en forme de pain de fucre, & il y en a unautre exactement femblable & oppofé à celui-ci, furla côte de la Nouvelle-Irlande. Ils font éloignés l’unde l’autre d’environ cinq lieues dans la direétion duS. S. E. ~ E. & N. N. O. O. Pendant letems que nous fûmes à la hauteur de cette Ifle, nousentendîmes la nuit un bruit continuel , femblable aufon d’un tambour. Le tems étant calme lorfque nouspafsâmes à travers le détroit, dix pirogues, portantenviron cent cinquante hommes, partirent de la côtede la Nouvelle-Irlande, & s’avancèrent vers le vaif-feau. Elles s’approchèrent allez pour que nous puiïïonsleur donner quelques quincailleries que nous leurtendîmes au bout d’un grand bâton, mais aucun desIndiens ne voulut fe hafarder à monter à bord. Ils fern-bloient préférer le fer à toutes les autres chofes que nousleur donnions ; quoique ce fer, fi l’on en excepte lesclous, ne fût pas travaillé ; car, comme je l’ai obfervé