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Voyage
Ann. 1767.Août.
oifeau à noir plumage qui fait un bruit afTez reffem-blant à I’aboyement d’un chien, & de plufieurs autresque je ne puis ni nommer ni décrire. Nos gens nevirent que deux petits quadrupèdes qu’ils prirent pourdes chiens. Le charpentier & un autre homme lesapperçurent légèrement paflant dans les bois , tandisqu’ils coupoient de petites folives à l’ufàge du vaif-feau ; ils dirent qu’ils étoient très-fauvages & qu’ilss’enfuirent fort vite. Nous vîmes des millepieds , desfcorpions , & un petit nombre de ferpents de différentesefpèces , mais point d’habitans. Nous rencontrâmespourtant plufieurs habitations abandonnées , & parles coquilles répandues dans les environs , & qui fem-bioient forties récemment de l’eau , ainfî que par quel-ques morceaux de bois à moitié brûlés & qui étoientdes reftes de feu , nous avons lieu de croire que deshommes venoient de quitter cet endroit Iorfque nousy arrivâmes. Si l’on peut juger de l’état d’un peuplepar celui de fes habitations, ces Infulaires doivent êtredans les derniers degrés de la vie fauvage , car ilsavoient pour demeures les plus miférables huttes quenous ayions jamais vues.
Pendant notre féjour en ce lieu, nous nettoyâmesle vaiffeau , & nous le mîmes à la bande pour vifiterfa voie d’eau que les charpentiers arrêtèrent le mieuxqu’ils purent. Nous trouvâmes le doublage très-ufé & la quille fort rongée par les vers. Nous l’en-duisîmes dans tous les endroits que nous pûmes mettrehors de l’eau , avec de la poix & du goudron chaudsmêlés enfemble. Le charpentier coupa plufieurs poutres