du Capitaine Carteret. 167
Nous jettâmes l’ancre feulement pour attendre queles bateaux eulTent trouvé un mouillage plus conve-nable ; ils découvrirent plufieurs bons havres dans levoilinage. Nous tâchâmes alors de lever l’ancre, mais,avec les forces réunies de tout l’équipage , nous nepûmes pas en venir à bout : c’étoit une preuve allar-mante de notre foibleffe ; & pleins de douleur nouseûmes recours à de nouveaux moyens; avec ce fecours,& en employant nos derniers efforts , nous dégageâ-mes l’ancre du fond ; mais le vaiffeau étant porté furla côte , elle reprit prefque au même inftant furun fond de roches. Il fallut recommencer notre tra-vail de nouveau ,' tous ceux qui étoient en fanté em-ployèrent le refie du jour toutes leurs forces , fansparvenir à la relever. Nous n’étions pas difpofés àcouper le cable , quoiqu’il fût fort ufé , nous aurionsfouffert difficilement cette perte ; nous voulions enfaire du fil de carret, dont nous avions grand befoin.Nous cefsâmes avec répugnance notre entreprife pen-dans la nuit, & le lendemain, après avoir un peu ré-paré nos forces, nous fûmes plus heureux. Nous rele-vâmes enfin l’ancre, mais nous la trouvâmes fi endom-magée qu’elle étoic déformais inutile , une des pattesétant rompue.
De cet endroit nous fîmes voile à une petite anfeéloignée d’environ trois ou quatre milles , à laquellenous donnâmes le nom à'Anfc Angloijc. Nous y mî-mes à l’ancre, & nous commençâmes à faire du bois& de l’eau que nous y trouvâmes en grande abon-dance , fans parler du left. J’envoyai auffi le bateau
Llij
Ann. 1766.Août.