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. chaque jour pêcher à la feine , mais quoiqu’il y eût une
Ann. 1767. grande quantité de poiffons, il 11’en prit que très-peu:
Aout * il eut un fi mauvais luccès , probablement parce quel’eau étoic claire & le rivage rempli de roches, & peut-être aufii parce que nous n’étions pas aflez habiles danscet art. Quoique nous ne réufiiffions pas, nous conti-nuâmes ce travail jour & nuit; nous eûmes recours àl’hameçon, mais pas un feul poiffon ne voulut y mor-dre. Nous vîmes un petit nombre de tortues, nous n’enprîmes aucune ; nous étions condamnés au fupplicede Tantale , voyant continuellement des objets quenotre appétit défiroit avec ardeur, & toujours mal-heureux , lorfque nous tâchions de les faifir. Nousramafsâmes cependant à la marée baffe, un petit nom-bre d’h il i très de rochers & de très - gros pétoncles,& nous nous procurâmes à terre quelques cocos &l’efpèce de chou qui croît au haut de l’arbre qui lesproduit ; ce chou eft blanc , frifé , d’une fubftanceremplie de fuc ; lorfqu’on le mange cru , il a unefaveur reflemblante k celle de la châtaigne ; &c quandil eft bouilli , il eft lupérieur au meilleur panais.Nous le coupâmes en petites tranches dans du bouil-lon fait avec nos tablettes, & ce bouillon épaifti en-fuite avec du gruau d’avoine , nous fournit un très-bon met. Nous fûmes obligés de couper autant d’arbresque nous emportâmes de ces choux ; nous détruifi-mes, avec beaucoup de regret, tant de fruits qui fontpeut-être les meilleurs anti-feorbutiques du monde,mais la néceftité n’a point de loi. Ces végétaux frais& lur-tout le lait ou plutôt l’eau de coco , rendirenttrès-promptement la fanté à nos malades. Ils fe trou-