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1 (1774)
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268
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i 6 S Voyagé

. chaque jour pêcher à la feine , mais quoiquil y eût une

Ann. 1767. grande quantité de poiffons, il 11en prit que très-peu:

Aout * il eut un fi mauvais luccès , probablement parce queleau étoic claire & le rivage rempli de roches, & peut-être aufii parce que nous nétions pas aflez habiles danscet art. Quoique nous ne réufiiffions pas, nous conti-nuâmes ce travail jour & nuit; nous eûmes recours àlhameçon, mais pas un feul poiffon ne voulut y mor-dre. Nous vîmes un petit nombre de tortues, nous nenprîmes aucune ; nous étions condamnés au fupplicede Tantale , voyant continuellement des objets quenotre appétit défiroit avec ardeur, & toujours mal-heureux , lorfque nous tâchions de les faifir. Nousramafsâmes cependant à la marée baffe, un petit nom-bre dh il i très de rochers & de très - gros pétoncles,& nous nous procurâmes à terre quelques cocos &lefpèce de chou qui croît au haut de larbre qui lesproduit ; ce chou eft blanc , frifé , dune fubftanceremplie de fuc ; lorfquon le mange cru , il a unefaveur reflemblante k celle de la châtaigne ; &c quandil eft bouilli , il eft lupérieur au meilleur panais.Nous le coupâmes en petites tranches dans du bouil-lon fait avec nos tablettes, & ce bouillon épaifti en-fuite avec du gruau davoine , nous fournit un très-bon met. Nous fûmes obligés de couper autant darbresque nous emportâmes de ces choux ; nous détruifi-mes, avec beaucoup de regret, tant de fruits qui fontpeut-être les meilleurs anti-feorbutiques du monde,mais la néceftité na point de loi. Ces végétaux frais& lur-tout le lait ou plutôt leau de coco , rendirenttrès-promptement la fanté à nos malades. Ils fe trou-