i jo Voyage
— boulet effleurant la furface de l’eau , fe releva &
6 7* tomba au milieu d’eux , fur quoi ils le difperfèrenc
’ avec beaucoup de tumulte & de confufion , & nousn’en vîmes plus aucun. Nous fîmes enfuite de l’eaufans être inquiétés de nouveau ; mais tandis que* nosbateaux étoient à terre , nous eûmes la précautionde tirer les canons du vaifîèau dans les côtés du bois,& le canot, qui fe tint près du rivage comme aupa-ravant, faifoit en même-tems, par pelotons, une dé-charge continuelle de fa moufqueterie. Comme nousn’apperçûmes point de naturels du pays pendant toutce feu , nous croirions qu’ils n’osèrent pas s’avancer
fur les bords du bois , fi nos gens ne nous avoient
dit qu’ils entendirent en plufieurs endroits des gémif-femens & des cris femblables à ceux des mourans.
Quoique j’eufie été jufqu’ici attaqué d’unemaladie bilieufe & inflammatoire, j’avois cependanttoujours pu tenir le tillac ; mais les fymptômes devin-rent fi menaçans, que je fus obligé le loir de me met-tre au lit. Le Maître fe mouroit des bleffures qu’ilavoit reçues dans fon combat avec les Indiens : mon
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Lieutenant étoit aufli très-mal; le canonnier & trentede nos gens , étoient incapables de faire leur fervice,& parmi ceux-ci il y en avoit fept des plus vigoureux& de la meilleure fanté qui avoient été blelîés avecle Maître. Nous n’avions point d’efpoir de nous pro-curer en cet endroit les rafraîchilfemens dont nousavions befoin. Ces circonftances affligeantes découra-gèrent beaucoup l’équipage , & je perdis l’efpérancede pouvoir continuer mon voyage vers le Sud.