2.48 Voyage
. v T. trep-it pas de regagner le bateau avant que l’attaque
Ann. 1-767. commencée.
Août.
En voulant chercher un meilleur endroit pour levaiffeau, nous avions été fi malheureux, que je réfo-lus d’effayer ce qu’on pourroit faire dans celui oùnous étions. Le lendemain, 14, le bâtiment fut doncfuis à la bande autant que cela nous étoit pofhble,& le charpentier, qui feul de l’équipage avoit unefan té pallable , calfata les épaules dans la partie dela quille qu’il put vifiter. Quoiqu’il n’arrêta pas entiè-rement la voie d’eau , il la diminua beaucoup. Unvent frais fou fila directement dans la baie après midi,ce qui nous porta très-près de la côte. Nous obfervâmesun grand nombre de naturels du pays qui fe cachoientdans les arbres, ôe qui attendoient vraifemblablementque le vent forçât le bâtiment fur le rivage.
Le jour fui van t, 15 , le vent étant beau , nous virâ-mes vent arrière tout près de la côte avec une crou-pière fur notre cable , & nous difpofames notre bor-dée de manière qu’elle portoit fur le lieu de l’aiguade,& protégeoit les bateaux qui iroient y puifer. Com-me nous avions raifon de croire que les naturels dupays, apperçus parmi les arbres le foir de la veille ,n’étoient pas fort éloignés, je fis tirer deux coups dansles bois avant d’envoyer nos gens à terre dans le ba-teau pour faire de l’eau. Le Lieutenant partit auffidans le canot bien armé & bien équippé. Je lui or-donnai, ainfi qu’aux hommes qu’il conduifoit, de fetenir à bord 6c tout près du rivage ; afin de défendre