du Capitaine Carteret. 147
coulée k fond , ainfi que les hommes qu’elle avoit k '
bord , que le relie étant fort diminué par le feu de
* 1 v Aous.
la Moufqueterie, ils s’en retournèrent enfin a terre.
C’est ainfi que l’hiftoire nous fut racontée par leMaître qui mourut quelque tems après avec trois demes meilleurs matelots , des blefîures qu’ils avoiencreçus., Quelque coupable qu’il fût par fa propre con-feffion, il nous parut que le témoignage de ceux quilui furvécurent, le rendoit encore plus criminel. Ilsnous afïurèrent que les Infulaires lui prodiguèrent lesplus grandes marques de confiance & d’amitié, jufqu’kce qu’au fortir d’un repas qu’il venoit de recevoird’eux, il leur donna une jufte caufe d’offenfe, en or-donnant à fes gens d’abattre un cocotier. Il infiftafur l’exécution de fon ordre, malgré le grand déplai-lir que les Infulaires exprimèrent à cette occafion.
K
Dès que l’arbre fut k bas, ils s’en allèrent tous,excepté un qui fembloit être une perfonne d'autorité.
Un Officier de poupe, membre du détachement quiétoit k terre , obferva qu’ils fe raffembloient en corpsentre les arbres; il en avertit fur le champ le Maître,
& lui dit que probablement ils méditoient une atta-que. Le Maître profitant de cet avis , au lieu de re-tourner au bateau comme je le lui avois prefcrit, tiraun de fes piftolets. L’Indien , qui jufqu’alors avoitrefié avec eux , les quitta brufquement, & alla join-dre fes compatriotes dans le bois. Même après ceci ,le Maître, par un entêtement qu’on ne peut pas expli-quer, continua k perdre fon tems k terre, & il n’en-