K5BWSHH»
du Capitaine Carteret. 24;
hardiment à la portée du trait & décochèrent alorsleurs flèches qui heureufement pafsèrent au*deflùs dela chaloupe fans faire aucun mal. Ils ne fe préparèrentpas à une fécondé décharge, ils s’enfuirent fur le champdans les bois; nos gens tirèrent quelques coups de fu-lil après eux, mais ils ne blefsèrent perfonne : peu detems après cet évènement le canot vint au côté duvaifleau , & la première perfonne que j’apperçus futle Maître qui avoit trois coups de flèches dans lecorps. Il ne falloir pas d’autre preuve pour le con-vaincre d’avoir tranfgreflé mes ordres ; & il n’étoitplus poflible d’en douter en entendant le rapport qu’ilme fit , quoiqu’il le rendît fans doute favorable à facaufe. Il dit qu’ayant vu à quatorze ou quinze millesà l’Oueft, de l’endroit où étoit le vaifleau , quelquesmaifons d’indiens & feulement cinq ou flx habitans,il avoit fondé quelques baies, & qu’après avoir amarréfon bateau à un grapin, il avoit débarqué avec quatrehommes armés de fufils & de piflolets : que les Infu-laires furent d’abord effrayés & s’enfuirent, qu’ils re-vinrent bientôt, & qu’il leur donna quelques quincail-leries & d’autre$ bagatelles qui parurent leur fairebeaucoup de plaifir : qu’il leur demanda par Agnesquelques noix de cocos qu’ils lui apportèrent avec degrandes démonftrations d’amitié & d’hofpitalité , ainflqu’un poiflbn grillé & des ignames bouillies , qu’ilmarcha alors avec fon détachement vers les maifonsqui n’étoient pas éloignées de plus de quinze ou vingtverges du bord de 1 eau ; & qu’il vit bientôt après ungrand nombre de pirogues, venant autour de la pointe
Ann. 1767.Août.
< .