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du Capitaine Carteret. 131
s’il y a quelque terre , elle eft fituée au Nord ; & cepourroit être l’Ifle orientale de Roggewin , que ce Navi-gateur a placée au 27 d de latitude S., & que quelquesGéographes ont fuppofée à la diftance d’environ feptcent lieues du continent de l’Amérique méridionale,fi toutefois on peut fe fier à ce que dit cet Auteur.
C’étoit alors le milieu de l’hiver dans ces para-ges & nous avions des vents forts & une greffe merqui ncj^s obligeoient fréquemment de naviguer fousnos Daffes voiles : les vents étoient variables , & quoi-que nous fuffions près du tropique , le tems étoitfombre , brumeux & froid , accompagné fouvent detonnerre, d’éclairs, de pluie & de neige mêlées enfem-ble. Le foleil étoit dix heures au-deffus de l’horifon ,mais nous pallions fouvent plufieurs jours fans le voir ; lebrouillard étoit fi épais, que lorfque cet aftre étoit au-deffous de l’horifon , les ténèbres étoient effrayantes.L’obfcurité du tems étoit tout à la fois une circonf-tance défagréable & dangereufe, nous reftions quel-quefois un tems affez long fans pouvoir faire une obfer-vation ; cependant, nous étions obligés de porter jour& nuit toutes nos voiles. Notre vaiffeau étoit fi mau-vais voilier & notre voyage fi long , que cette pré-caution devint néceffaire pour ne pas mourir de faim,malheur qui auroit été autrement inévitable eu égard àJa fituation où nous nous trouvions.
Nous continuâmes notre route à l’Oueft jufqu’aiïfoir du 2 Juillet, tems où nous découvrîmes une terrequi nous reftoit au Nord. En nous en approchant lelendemain , elle nous parut être un grand rocher qui
Ann. 1767.Mai.