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Ann. 1767.Mai.
ni Voyage
rejoignant, tous les dangers qu’ils avoient couru , &le fentiment de la joie diffipa celui de la trifteffe.
• Depuis le 16 , jour où la tempête nous fit chafferfur nos ancres au lieu du mouillage, nous avions ef-fuyé jufqu’alors une fuite continuelle de périls, de fa-tigues & de malheurs. Le vaiflêau avoit beaucoup fouf-fert & marchoit très-mal, le temps fombre & orageuxétoit accompagné de tonnerre, d’éclairs & de pluie, &les bateaux que j’étois obligé, même lorfquc nous étionsfous voile , de tenir toujours occupés, pour nous pro-curer de l’eau , étoient dans un continuel danger defaire naufrage. Ils étoient afiTaillis de tout côté par desvents forts, qui ne cefl’oient de fouiller , ôc par des raf-fales fubites, qui fondoient fur nous avec une violencequ’il eft difficile de concevoir. Ces accidents étoientd’autant plus cruels, que je m’y attendois moins; j’a-vois éprouvé deux ans auparavant avec le CommodoreByron , un tems très-diftèrent dans ces parages. On acru communément , que les vents fouffient toujoursfur cette côte du S. au S. O. , quoique Fréfier difequ’il y a rencontré des vents forts , & des groffesmers du N. N. O. & du N, O ; malheureufement j’aifait la même expérience.
Dès que j’eus repris à bord nos gens & nos ba-teaux , je fis voile pour m’éloigner de ce climat ora-geux , & je me crus heureux de ne rien laillèr derrièremoi, que le bois que les matelots avoient coupé pournotre chauffage.