dû Capitaine Carteret. izi
iorfque nous le découvrîmes heureufement amarré à ungrapin tout près de terre. Nous courûmes fur le champà nos lunettes , nous vîmes tous nos gens qui s’em-barquoient, & fur les trois heures, ils arrivèrent fains6t faufs ; ils étoient fi épuifés de fatigue, qu'ils purentà peine gagner le côté du vailTeau. Le Lieutenant medit qu’il avoit entrepris de s’en revenir le foir aupara-vant, mais que dès qu’il fut en mer , une ra£fale fubiteavoit tellement rempli d’eau le bateau , qu’il fut fur lepoint detre fubmergé ; que tous fes gens l’avoient heu-reufement vuidé, en pompant avec toute la diligence6e l’aéüvité imaginables ; qu’il retourna alors à terre ,quoique difficilement ; 6e qu’après avoir laifféun nombrefuffifant d’hommes à bord, pour avoir foin du bateau 6ele débarraffier de l’eau qui y entroit, il avoit débarquéfur la côte avec le relie des matelots. Il ajouta qu’ayantpaffé la nuit dans un état d’inquiétude 6e de perplexité,qu’il n’ell pas poffible d’exprimer, ils avoient cherchédes yeux le vaiffieau dès la pointe du jour, ôc que nele voyant point, ils conclurent qu il avoit péri dansla tempête qui furpaffoit toutes celles qu’ils avoientéprouvées jufqu’alors. Ils ne tombèrent pourtant pasdans l’indolence 6e l’affaiflèment du défefpoir, ils femirent à nettoyer le terrein près du rivage , des ronces6e des épines qui le couvroient, ils coupèrent plulieursarbres, dont ils firent des rouleaux pour les aider àtirer le bateau à terre, 6e le mettre en lûreté; commeils n’efpéroient pas de revoir jamais le vaiffieau , ils pré-tendoient attendre jufqu’à l’Eté, 6e tâcher alors d’abor-der à l’Ifle de Juan-Fernandcs . Ils oublièrent en nous
Ann. 17 67.Mai.