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Voyagé
Comme le vailfeau écoit chalTe fort vite de la côte yAnn. 1767. & q U e la nuit approchoit, je commençai à être enMai ‘ peine des bateaux qui avoient à bord vingt-huit de nosmeilleurs hommes, outre mon Lieutenant ; mais furla brune , j’apperçus l’un d’eux qui s’avançoit avec vi-te lie vers le vailfeau; c’étoit la chaloupe,, qui en dé-pit des efforts des matelots qu’elle portoit, avoit étéforcée fur fcs grapins & chalfée du rivage. Nous nousempreflames de la reprendre à bord , mais malgré notrediligence & nos foins, elle fut fort endommagée , lorf-que nous la remontâmes dans le bâtiment. Elle por-toit dix hommes, qui m’apprirent que lorfqu’elle futchalfée de la côte, elle étoit chargée de quelques boisà brûler, mais qu’ils furent obligés pour l’alléger, de lesjetter à la mer , ainfi que plulieurs autres chofes. Nousn’appercevions point le canot ; j’avois lieu de craindre,qu’il n’eût été également chalfé de la côte, avec lestentes , les dix-huit hommes & mon Lieutenant que jeregardai comme perdus. Je favois que fi la nuit quicommcnçoit les furprenoit au milieu de cette tempête ,ils périroient infailliblement : il étoit cependant poffi-ble que les hommes fulfent à terre, & qu’ils confer-vaflent leur vie, tandis que le canot feroit naufrage;c’eft pour cela , que je réfolus de regagner la côte ,le plutôt poffible. A minuit, le tems fut calme ; nouspouvions porter nos balles voiles & nos huniers , &le 24 , à quatre heures du matin , nous fîmes au-tant de voiles que nous pûmes. A dix heures, nousétions très-près de la côte, nous fûmes très-mortifiésde ne point appercevoir le canot, cependant nous con-tinuâmes à porter du côté du rivage, jufqu’à midi ,