du Capitaine Carteret. 119
l’eau à bord , la houle étoit cependant fi grofTe, que **^**»^plufieurs des futailles furent défoncées & perdues. Ils Ann. 1767.firent un autre voyage un peu avant la pointe du jour Mai ‘du lendemain 23 , & k fept heures, il s’en Falloir peuque tous nos tonneaux ne fuffent remplis. Le tems nousmenaçoit d’une tempête , ôc j’étois très-impatient derecevoir k bord nos gens , ainfi que le petit nombrede pièces d’eau qui étoient encore au lieu de l’aiguade.
Dès que les bateaux furent déchargés je les renvoyai,en leur ordonnant de ramener avec toute la prompti-tude poffible, nos gens , la tente, & tout ce que nousavions k terre. Depuis ce tems, le vent augmenta très-promptement, ôc furies 11 heures, il fut fi fort avec desraffales violentes de terre, que le vaiffeau commença kdériver de la côte ; nous levâmes la petite ancre pourla rejetter en avant de l’autre; le vent devenoit toujoursplus fort , mais comme il foufîloit dire&ement deterre, je n’étois pas en peine du vaiffeau, qui con-tinuoit toujours k chaffer , en tirant k travers le fable ,l’ancre & les deux cent braffes de cable que nousavions filées. Je ne pouvois pas lever l’ancre , parceque je voulois donner aux bateaux , le tems de rap-porter ce qu’ils étoient allés chercher fur la côte. Adeux heures, l’ancre avoit entièrement perdu fond, ôcle vaiffeau étoit dans une eau profonde ; nous fumesdonc obligés de virer le cable fur le cabeftan , Ôcnous tirâmes l’ancre avec beaucoup de peine. Lescoups de vent qui nous venoient de terre, étoient fiviolents , que n’ofant pas hiffer de voiles , nous nouslaiffâmes aller k mats ôc k cordes ; l’eau s’élevoit en.tourbillons dans l’air, plus haut que la grande hune.
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