du Capitaine Cauteret. 217
tout plat pendant toute la nuit , & nous trouvâmesle 19, au matin, que le courant & la houle nousavoient fait dériver de neuf milles de terre. Le temscependant étant alors très-bon, j’envoyai le canotchercher de l’eau , & il revint chargé au vaifleauvers une heure. Bientôt après il s’éleva une briiè duN. N. O. ; & comme nous étions tout près de terre,je dépêchai une fécondé fois le bateau à terre , pournous rapporter de l’eau. Avant de parvenir à l’ancienlieu de notre mouillage, le calme nous furprit, & lecourant nous fit encore dériver. Sur ces entrefaites,le bateau , en côtoyant le rivage, pêcha à l’hameçon &à la ligne allez de poilTon pour en fervir à tout l’équi-page , ce qui compenfa un peu le défagrément denotre fituation. Sur les huit heures du foir, le vent,accompagné de ralfales habites, recommença à fouffleravec force , de manière que cette nuit fut encorepour nous fatiguante & dangereufe. Nous eûmes lematin du 20, une brife forte du N. O., & nous for-çâmes de voiles vers l’endroit du mouillage. Nousle regagnâmes heureufement fur les quatre heuresde l’après midi, nous y mîmes à l’ancre, a deux en-cablures du rivage, par dix-huit braffes, fond de beaufable , & nous amarrâmes à une petite ancre furla côte. Lorfque le vaiffeau fut en fureté, il étoit troptard pour aller au lieu de l’aiguade; j’envoyai cepen-dant la grande chaloupe à la pêche , le long de lacôte. Un vent fort l’obligea de s’en revenir avantfept heures ; elle rapporta pourtant affez de poiffonpour en donner a tout l’équipage. Nous eûmes pen-dant la nuit un tems fombre, des ralfales violentes &Tome I. Ee
Ann. 1767.Mai.