zi 6 Voyage
inftant au rifque d’être dévorés par les goulus. Sur'^Ma? 67 ' dix heures du macin ’» cependant, ils arrivèrentà la tente , fe mourant de faim & de froid , ils yfurent reçus avec beaucoup de furprife & de joie parleurs compagnons, qui partagèrent fur le champ aveceux les provifions & les habillemens qu’ils avoient.Lorfqu’ils vinrent h bord, je donnai ordre qu’on leurfervît tous les rafraichiffemens qui leur feroient les plusfalutaires , & je leur dis de paffer toute la nuit dansleurs hamacs. Le lendemain ils furent auffi joyeuxque s’il ne leur étoit rien arrivé , & ils ne fouffrirenten aucune manière des fuites de leur accident. Cestrois hommes étoient du nombre des braves matelotsqui s’étoient fauves à la nage du vailîèau a Madère,pour boire quelques coups d’eau-de-vie. Je reviensà ma narration fuivant l’ordre des tems.
Le 18, le tems fut calme, & le foir nous étionsà un demi-mille du mouillage où la tempête nousavoit fait chaffer fur nos ancres , mais nous ne pû-mes pas l’atteindre , parce que le vent tomba tout-à-coup , & que nous eûmes un courant qui avoit fadireétion contre nous. Comme nous étions près de la^tente dreffee par ceux de nos gens qui étoient char-gés de faire de l’eau , j’envoyai un bateau à terre,pour demander des nouvelles des trois hommes dontje viens de décrire les aventures ; il les ramena abord. Les charpentiers furent occupés pendant toutce tems à réparer l’accident arrivé à notre vergued’artimon , & en attendant nous nous fervîmes del’ancienne en tenant la voile balancée. Nous eûmes calme
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