ZIZ
Voyage
tamment occupé depuis que le vaiffeau avoit chaffé furfes ancres, les charpentiers travaillèrent toute la nuit àraccommoder les bateaux.
Le 17, à quatre heures du matin, l’Ifle nous ref-toit à l’Oueft, à quatre lieues de diftance, & précifé-ment au vent : nous avions une bonne brife & unemer calme. Sur les dix heures, nous nous trouvâmestrès-près de fa partie méridionale, & à l’aide du ba-teau , nous virâmes de bord. Il n’étoit pas probablequ’avec un vaiffeau pareil au nôtre, nous pufîîonsregagner l’endroit de notre mouillage. Comme nousétions près de la côte, quoiqu’affez éloignés du lieu del’aiguade, je profitai de la circonftance pour renvoyerle canot chercher une autre charge d’eau. Pendantce tems-là , je louvoyai avec le vaiffeau , & vers lesquatre heures de l’après midi, le canot revint chargé. Jedemandai à mon Lieutenant des nouvelles de nos gensqui étoient à terre ; il me dit que la pluie, tombéependant la nuit , avoit amené de fi grands torrentsdans l’endroit où ils avoient choifi leur flation, qu’ilsavoient manqué d’être noyés, & qu’après être échappéavec beaucoup de peine de ce danger , plufieurs destonneaux s’étoient trouvés perdus. Il étoit trop tardpour que le bateau fît un autre voyage au lieu oùjufqu’alors nous avions fait de l’eau ; mais M.Erafme Gower mon Lieutenant, dont je ne puis affezlouer les foins & l’adivité dans tous les périls quenous avons courus, ayant obfervé, en s’en revenantavec le canot , que la pluie de la nuit avoit forméplufieurs courants ^d’eau , fur la partie de l’Ifle la plus