du Capitaine Carteret. ni
& d’examiner le lieu de la plage où les raffoles nousavoient faic ch a fier fur nos ancres ; mais le tems avoirfi mauvaife apparence, & le venc fraîchit fi vite, quenous ne crûmes pas qu’il fût prudent de nous y hafar-der. Nous rangeâmes cependant la côte le plus prèsqu’il nous fut pofiîble , afin de profiter de la mer cal-me qui nous donnoit des facilités pour décharger lecanot qui revint bientôt après avec douze pièces d’eau.Dès que nous eûmes pris celles-ci à bord , je le ren-voyai en chercher une autre charge, & comme nousétions à peu de diftance de la terre , j’ofai dépêchernotre grande chaloupe, bâtiment fort & pefant, avecdes provifions pour ceux de nos gens qui étoient à terre.J’ordonnai aux matelots qui le montoient de rapporterune charge d’eau s’ils pouvoient en venir à bout. Dèsque ces bâtimens furent partis, nous fîmes des bordéesafin de garder ce parage. A midi nous eûmes un ventfort, une grofîe pluie & un brouillard épais. Nousapperçûmes à une heure les bateaux côtoyant le ri-vage, pour aborder à la partie fous le vent de l’ifle,dont ce côté eft ouvert au vent; nous les fuivîmes &nous approchâmes de la côte le plus que nous pûmes,afin de favorifer leur defcente à terre. Ils revinrentalors vers nous , de nous les reprîmes à bord ; maisla mer étoit fi haute , qu’ils furent fort endommagéspar cette opération , & nous apprîmes bientôt qu’ilsavoient trouvé la houle fi groflè , qu’ils n’avoient pasmême pu débarquer leurs futailles vuides. Nouscapeyâmes fous la voile d’artimon balancée , entravers de la partie fous le vent de l’Ifie , pendantl’après midi ; de quoique tout l’équipage eût été conf-
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Ann. 1767.Mai.