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Voyage
Nous reliâmes là, jufqu’au i<j , à la pointe duAnn. 1767. j our . i e rems devenu plus calme, nous remîmes à laMa1 ’ voile , & le foir au coucher du foleil , nous jetâmesl’ancre fur le côté oriental de l’Ifle, dans le même en-droit où le Commodore Byron avoit mouillé deux ansauparavant. Sans perdre de tems , j’envoyai remplirquinze pièces d’eau, & je dépêchai un certain nombred’hommes à terre avec d’autres futailles , que je leschargeai de renvoyer le lendemain , & un détache-ment nombreux pour couper du bois. Il furvint,vers les deux heures du matin , un vent fort du N.O. & des raffales violentes du côté de la côte, qui nouschafsèrent hors de la plage où nous avions mouillé ,quoique nous euflions deux ancres en avant qui fu-rent en très-grand danger d’être perdues. Nous lesrattrapâmes cependant avec beaucoup de peine & mî-mes à la voile, en manœuvrant fous le vent de rifle,& nous tenant auflï près de la côte qu’il étoit poflïble.Le tems fe calma bientôt, de maniéré que nous por-tâmes nos huniers à double ris. Mais quoique la merne fut pas grofle , nous ne pouvions pas virer ventdevant , & nous étions forcés de virer vent arrièretoutes les fois que nous avions befoin de prendre unedirection contraire.
Quoique nous fulîions allez éloignés delà côte,j’envoyai, à la pointe du jour, chercher par le canotune charge d’eau , avant que la houle fût allez forte furle rivage , pour empêcher le débarquement. Sur lesdix heures le vent fauta au N. N. E., ce qui nous miten état d’approcher à peu de diftance de l’aiguade ,