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du Capitaine Carteret. 209
pavillon, parce que je n’en avois pas d’autres à bordque des Anglois , que je ne jugeai pas k propos demontrer.
Comme je n’avois pas pu faire dans cet endroitles provifions d’eau , de bois & d’autres rafraîchiffe-ments dont nous avions très-grand befoin, après lesfatigues de notre paflage du détroit , je me prefîai degagner Majafucro. Nous arrivâmes le ix Mai k lahauteur de la partie Sud , la plus orientale de cetteIüe ; mais le vent étant fort & la mer grofle , nousn’osâmes pas en approcher de ce côté \ nous tirâmesdonc vers la côte Oueft, où nous jettâmes l’ancre furune plage excellente propre à contenir une flotte en-tière qui dans l’été peut y mouiller très - avantageufe-ment. J’envoyai les bateaux pour chercher de l’eau, illeur fut impoflible de débarquer , le rivage eft remplide rochers , & la houle étoit li forte que les nageursne pouvoient pas traverfer les brifans. Nous en fûmesd’autant plus mortifiés, que nous voyions du vaiffeatiun beau courant d’eau douce, une grande quantité debois k brûler & beaucoup de chèvres fur les collines.
Le lendemain au matin , 13 , dès qu’il fut jour, j’en-voyai les bateaux une fécondé fois , pour chercher unendroit où ils puffent débarquer. Ils rapportèrent unpetit nombre de pièces d’eau , qu’ils avoient rempliesà un petit ruiffeau , & ils nous dirent qu'un vent duS. E. fouffloit avec tant de violence fur le côté orien-tal de rifle, & élevoit une mer fi grofle, qu’ils n’avoientpas pu s’approcher de la côte.
Tome, /. D d
Ann. 1767.Mai.