du Capitaine Carteret. 193
où nous arrivâmes le 17 Février. Avant de remettre a lavoile j’expofai au Capitaine Wallis dans une lettre lafituation de mon vaifi'eau, & je le priai d’examiner cequ’il étoit plus a propos de faire pour le fervice de SaMajefté; s’il vouloit le renvoyer, ou s’il devoit conti-nuer le voyage. Il me répondit que puifque les Lordsde l’Amirauté l’avoient deftiné à une expédition donc jeconnoifl’ois bien l’objet, il ne croyoit pas être le maî-tre de changer fa deftination.
Nous continuâmes donc a naviger enfemble dans ledétroit pendant quelque-tems, & comme je favois déjàpafie une fois , on me dit de me tenir en avant &. defervir de guide, en me donnant la liberté de mettre àl’ancre ou \ la voile lorfque je le jugerois convenable.M’appercevant que le Swallow étoit très mauvais voi-lier , qu’il retardoit beaucoup le Dauphin , & que pro-bablement il lui feroit manquer la faifon de gagner lamer du Sud , ce qui auroit renverfé le projet dutvoyage ; je propofai au Capitaine Wallis de laiflèr leSwallow dans quelque anfe ou baie ; de monter moi-même fes bateaux pour l’accompagner & l’aider juf-.qu’à ce qu’il eût traverfé le détroit. Je lui remontraique par la il acheveroit fon paflage , fuivant touteapparence beaucoup plutôt , que li mon bâtiment luifaifoit perdre du tems. Afin de lui faire agréer ce plan ,je lui fis remarquer qu'il pourroic compléter fes pro-vifions de bouche & de marine , & fon équipage avecce qui étoit dans mon vaiffeau, & le renvoyer en An-gleterre avec ceux de fes gens que la maladie rendoitincapables de le fuivre. J’ajoutai qu’en m’en retournantTome. I . B b