du Capitaine Carteret. 191
revenir enfuite à bord, où ils efpéroienc arriver avantqu’on s’apperçût de leur départ. Je voulois leur par-donner , & je n’examinai pas trop févèrement leurapologie , que le relie de l’équipage qui les entouroitparoilfoit beaucoup approuver. Je leur lis obferverqu’après avoir bu une bouteille d’eau-de-vie , ils au-roient été peu en état de traverfer la houle à la nage,& je leur dis qu’efpérant que déformais ils n’expo-feroient leurs vies que dans des occafions plus im-portantes & que je n’aurois point à me plaindre deleur conduite , je ne leur infligeois d’autre châtimentque la honte & le regret dont je les voyois pénétrés.Je penfai qu’ils avoient befoin de repos , je les avertisde remettre leurs .habits & de fe coucher. J’ajoutaique li pendant notre voyage j’avois befoin de bonsnageurs , je connoifl’ois avec plailir à qui je pourroism’adrefler. Ayant ainli dilïipé la crainte de ces bra-ves matelots , je fus très - fatisfait de remarquer lemurmure de contentement qui fe lit entendre alorsau milieu de tous les gens de l’équipage. Ma clé-mence fut bien payée par la fuite ; au milieu des peines& des dangers de notre voyage , ces déferteurs nousrendirent toute forte de fervices avec un zèle & uneardeur qui leur fait honneur & qui fervit d’exempleaux autres.
Nous remîmes à la voile le 12 , & le CapitaineWallis me donna une copie de fes inliruétions quim’apprit l’objet de notre voyage. Il nomma le Port-Famine dans le détroit de Magellan , pour rendez-vous en cas que nous vinllions à nous féparer.
Ann. 17 66 .Septemb.