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—:—ï déferteurs ne s’étoient pas quittés jufqu’à ce qu’ilsAnn. 1766. f u ff ent p r ès de la houle qui brife avec violence fur leSeptemb. r ' lva ^ Q ^ qu’alors un d’eux effrayé du bruit des va-gues s’en étoit revenu en nageant près du vaiffeau oùil avoit été pris à bord , mais que les autres avoienteu le courage de fe hazarder au milieu des flots. Commela perte de ces hommes auroit eu pour nous des fuitesfunefles , j’écrivis fur le champ au Conful pour leprier de m’aider à les recouvrer ; -je n’avois pas encorefini ma lettre, lorfqu’il me fit dire qu’au grand éton-nement des Naturels du pays on venoit de les trouvernus fur le rivage , qu’on les avoit mis en prifon &qu’on n’attendoit que mes ordres pour les renvoyer.Je dépêchai un bateau , & dès que j’appris qu’ils étoientarrivés, j’allai fur le pont. Je fus charmé de voir lerepentir fur leurs vifages , & je fus intérieurement portéà ne pas leur infliger une. punition à laquelle ils fem-bloient difpofés à fe foumettre de bon cœur , pourexpier leur faute. Je leur demandai ce qui avoit pules porter à s’enfuir du vaiffeau & quitter le fervicede leur patrie , au rifque d’être dévorés par les gou-lus , ou déchirés en pièces par la houle qui battoit furla côte. Ils répondirent que quoiqu’ils- euffent courutant de dangers en nageant vers la grève,ils n’avoientjamais eu intention de déferter le vaifleau qu’ils étoientréfolus de ne pas quitter tant qu’il pourroit naviguer,mais que fachant bien qu’ils entreprenoient un longvoyage dont perfonne n’étoit afluré de revenir , ilsavoient jugé qu’il feroit un peu dur de n’avoir pas uneoccafion de dépenfer leur argent , & s’étoient déter-minés à boire encore une bouteille d’eau - de* vie &