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Capitaine Carteret. 189
quois de fil de carret, article abfolument nécefiairedans tous les voyages , je tâchai de m’en procurer àPlymouth , mais on me dit qu’on en avoit mis à borddu Dauphin une quantité fuffifante pour les deux vaif-feaux.
Ann. i“6<5.Août.
Le 22 Août 1766, l’équipage ayant reçu la veilledeux mois de paye , je fis voile du goulet de Ply-mouth conjointement avec le Dauphin , commandépar le Capitaine Wallis & la Flûte le Prince Frédéric ,fous les ordres du Lieutenant Jacques Brine. Nousmarchâmes enfemble , fans qu’il nous arrivât rien deremarquable jufqu’au 7 de Septembre jour où nous Septemb.mîmes à l’ancre dans la rade de Madère.
Pendant que j’étois à cet endroit, ne connoiffantpas encore le lieu de ma deftination , j’écrivis unelettre au Capitaine Wallis pour lui repréfenter que jemanquois de fil de carret, & l’informer de la réponfequi m’avoit été faite lorfque j’en avois demandé auCommiflaire Ordonnateur de Plymouth. Il m’en envoyacinq cens livres ; cette quantité n’étoit pas fuffifantepour fatisfaire mes befoins , & je fus forcé bientôtaprès de mettre en pièces quelques - uns des- cables,afin de fauver mes agrêts.
Mon Lieutenant m’avertit le 9, dès le grand matin,que neuf des meilleurs matelots s’étoient échappés duvaiffieau pendant la nuit & avoient gagné la côte à lanage , entièrement nuds , & n’emportant rien queleur argent , qu’ils avoient enveloppé dans un mou-choir attaché autour de leurs reins. Il ajouta que les
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