181 Voyage
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g — à qui je permettois d’aller à terre chacun à leur tour,
dénier 6 ' P rofitoient de cette Iibercé P our fe égaler des vins duCap, & ils ne revenoient guère à bord fans en avoirbu avec excès. Tandis que nous étions dans cette rade,nous y vîmes arriver plufieurs vaiiieaux , les uns Hol-landois , les autres François, quelques-uns Danois, maisil n’y en avoit point qui neut une deflin„tion ulté-rieure.
Après un féjour, que j’avois prolongé jufqu’à troisfemaines pour laifier aux équipages le tems de fe re-mettre des fatigues qu’ils avoient efluyées , je priscongé du bon vieux Gouverneur , & muni de tousM ars - les rafraîchifl'emens néceflaires , je fis voile le 7 Marsde la baie des Tables , par un vent très - favorabledu S E.
Le 16 , à fix heures du matin, nous eûmes la vuede l’Ifle de Sainte-Helene dans l’O. \ N. O., diffanted’environ feize lieues ; & fur le midi, nous apperçû-mes un gros vaifleau portant pavillon françois. Nouscontinuâmes notre route , & quelques jours après,comme nous failions voile par un très-beau tems &un vent frais, à une diftance confidérable de la terre,le vaifleau reçut une fecoufîe auflï rude que s’il eûtdonné fur un banc: la violence de ce mouvement nousalarma tous , & nous courûmes lur le pont ; nousvîmes la mer fe teindre de fang dans une très-grandeétendue ; ce qui diflipa nos craintes. Nous en con-clûmes que nous avions touché fur une baleine ou furun grampus , & que vraifemblablement notre vaifleaun’en avoit reçu aucun dommage ; ce qui etoit vrai.