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Capitaine Byron. i8r
avoit pas long-tems qu’un autre vaiffeau, qui s’étoitapproché de cette partie de la côte , avoit vu comme Ann. 1766.moi cette grande fumée , quoique cette terre , qu’on ^ evrier ’fuppofoit être une Ifle , fût inhabitée; il m’apprit a cefujet qu’il y avoit près de deux ans que deux vaiffeauxHollandois de la Compagnie des Indes avoient faitvoile de Batavia pour le Cap, & que jamais on n’enavoit eu de nouvelle , il foupçonnoit que l’un de cesdeux vaiffeaux , ou même tous les deux , avoient faitnaufrage fur cet endroit de la côte , & que les fuméesqu’on avoit apperçues venoient de ces malheureux quis’y étoient perdus ; & il ajouta qu’on avoit déjà en-voyé plufieurs fois des bateaux pour éclaircir ces con-jeéïures , mais que la mer brifoit fur la côte avectant de furie , qu’ils avoient été forcés de revenir fansofer y defcendre. Je fus touché du récit d’une fi triffeaventure, & je regrettai de n’en avoir pas été infor-mé auparavant; car j’aurois fait tous mes efforts pourtrouver ces infortunés , & les tirer d’un lieu ou ilsdoivent probablement périr de misère.
Le Cap eft une excellente relâche pour les vaiffeauxqui doivent doubler cette pointe méridionale de l’A-frique. Le climat en eft très-frais , la campagne très-belle, & l’on y trouve en abondance des rafraîchiffe-mens de toute efpèce. Le jardin de la Compagnie eftun endrpit délicieux : à l’un des bouts de ce jardin, eftune ménagerie qui appartient au Gouverneur; il n’é-pargne rien pour la remplir d’un grand nombre d’ani-maux curieux & rares : j’y ai vu trois belles autruchesôc quatre zèbres d’une taille extraordinaire. Nos gens,