180 Voyage
& f ur laquelle la mer brife avec une violence qui dois
Ann. 1766. y ren( lre la pêche impraticable.
Février. 1
Le 12, h trois heures après-midi, nous doublâmesle Cap Lagullas, d’où la côte court O. N. O. jufqu’auCap de Bonne-Efpérance, qui en eft éloigné de trentelieues. Le jour fuivant, 13 , nous pafsâmes entre l’îfiePingoin 6 c la Pointe Verte , & nous entrâmes dans la baiedes Tables fous nos huniers tous les ris pris ; les ventsétant au S. S. E. grand frais & par grains violens.A trois heures après-midi, nous laifsâmes tomber l’amcre , & nous faluâmes le fort qui nous rendit le falut.
’ Les HoIIandois me dirent qu’aucun de leurs vaiffeauxn’auroit ofé entrer dans la baie avec un vent li défa-vantageux , & qu’ils nous avoient vu avec furprifeentrer & manœuvrer avec plus de facilité & de prompti-tude , qu’on ne le fait d’ordinaire par le vent le plusfavorable.
Le lendemain ,14, dans la matinée, je defeendisà terre pour me rendre chez le Gouverneur ; fa voi-ture m’attendoit déjà fur le rivage. Je vis un hommeavancé en âge , & très - populaire : il me reçut avecune extrême politeffe : il eut l'honnêteté de m’offrirun appartement dans la maifon de la Compagnie du-rant mon féjour au Cap , & me pria de difpofer de favoiture , comme fi elle m’appartenoit. Etant un jourà dîner chez lui avec quelques autres perfonn^s, j’eusoccafion de parler de la fumée que j’avois vue fur uneplage fablonneufe en un endroit de la côte où toutannonçoit la ftérilité de la terre ; & j’ajoutai que celam’avoit caufé quelque étonnement. Il me dit qu’il n’y