Ann. 1765.Novemb.
1 66 Voyage
rent en grand nombre fur le bord de la mer, ayantun grand couteau d’une main, de 1 autre une piquearmée d’une pointe de fer, & un cric , efpèce de poi-gnard, à la ceinture. Nous débarquâmes malgré cesapparences menaçantes , & auffitot nous commençâ-mes à traiter ; mais tout ce qu’il fut pollible de nousprocurer, fe réduifit à une douzaine de volailles, unechèvre & un chevreau. Nous offrîmes en échangedes couteaux , des haches & d’autres inftrumens decette efpèce ; mais ils les refusèrent d’un air méprifant,& demandèrent des roupies. N’en ayant pas, nousnous trouvions embarraffés de payer 1 acquifition quenous avions faite ; je fongeai à leur offrir des mou-choirs , & par grâce, ils daignèrent accepter les meil-leurs.
Ces peuples font d’une flature au-deffous de la mé-diocre , mais parfaitement bien pris dans leur taille.Leur teint efl: de couleur bronzée & prefque noire.Nous vîmes parmi eux un vieillard qui , à quelquedifférence près, étoit vêtu comme un Perfan ; maisles autres étoient nuds, à la réferve d’un mouchoirquhls portent autour de leur tête en manière de tur-ban , & de quelques morceaux d’étoffe dont ils fe cei-gnent les reins, & qu’ils attachent avec une agrafed’argent. Il ne parut aucune femme , & probable-ment ils ont l’attention de ne pas les laiffer voir auxEtrangers. Leurs maifoAs, bâties en bois de banibou,font propres & régulièrement conftruites; elles s’élè-vent fur des poteaux, à huit pieds environ au-deffusdu fol. Leurs canots font auffi très-bien faits. Nous