i6o Voyage
v j ons encore en envoyer un bon nombre à bord , ce
Ann. 1 7 6 y. j faifoic une excellente provifion.
Août. ^
Tandis que nous nous occupions des moyens denous procurer du bœuf frais avec moins de fatigue ,M. Gore, un de nos Contre-Maîtres, découvrit un en-droit très - agréable du côté du N. O. de l’Ifle, quiétoit fort fréquenté par le bétail, & d’où l’on pouvoitl’amener par mer. J’y envoyai auffitôt un détachementavec une tente, pour y refter plus commodément; &chaque jour nos bateaux en rapportoient tout ce qu’onavoit tué ; mais quelquefois la mer brifoit avec tantde furie fur le rivage qu’il étoit impoffible d’aborder,ëc le canot de la Tamar perdit trois hommes qui ten-tèrent de franchir la lame.
Nous nous trouvions alors abondamment pourvusde toütes fortes de provifions fraîches. Chaque jouron faifoit cuire du pain pour les malades , ëc les fati-gues diminuant , les fièvres furent moins fréquentes.Le poiffon qu’on prend fur cette côte eft très-beau ,mais très-mal-fain ; il occafionna de fâcheux accidensà ceux qui en mangèrent. L’Auteur du Journal duLord Anfon dit qu’à bord du Centurion on crut de-voir abfolument s’abftenir de poiffon , parce queceux qui en avoient mangé s’étoient trouvés très-in-commodés. Mais nous avions mal interprété ce paf-fage; nous avions cru que ce poiffon n’avoit été nui-fible aux gens du Centurion , que parce qu’ils en avoientmangé avec excès ; ëc que , dans ce cas , il n’y avoitpas de raiion de s’en abftenir totalement , maisqu’il étoit feulement néceffairç d’en manger avec
fobriété.