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Capitaine Byron. 159
une grande diftance de notre quartier, & les animauxétoient fi ombrageux qu’il étoit très-difficile d’en appro-cher d’affez près pour les tirer ; quelques détachemens ,envoyés pour en tuer lorfqu’on fut leurs retraites, fu-rent quelquefois vingt-quatre heures h les pourfuivreavant de pouvoir les atteindre ; & lorfqu’un de cesanimaux avoit été traîné l’efpace de fept ou huit millesà travers les bois , 6 c les plaines hériffées de bruyères ,il étoit tout couvert de mouches , exhaloit une odeurfétide, & n’étoit plus bon à rien; ce qu’il y avoit deplus fâcheux , c’eft que nos gens , exténués par cespénibles courfes étoient bientôt attaqués de fièvresdont ils avoient peine à fe tirer.
Nous parvenions avec moins de peine a nous pro-curer de la volaille, les bois de cette Ifle font peuplésd’une fi grande quantité d’oifeaux de toutes les efpè-ces qu’on pouvoit toujours en tirer aifément ; mais lachair en étoit généralement d’un mauvais' goût, & lachaleur étoit telle, qu’une heure après qu’on les avoittués, ce n’étoit plus que de la pourriture.
L’Isle abonde en cochons fauvages, qui faifoientnotre plus grande reffource pour la viande fraîche; ilsfont très-féroces , & fi gros qu’ils pefent communé-ment deux cents livres : on pouvoit les tirer fans beau-coup de difficulté ; mais un Nègre , qui étoit a bordde la Tamar, imagina une manière de les prendre aupiège, qui eut le plus grand fuccès : c’étoit un grandavantage; nous étions non-feulement allurés de man-ger chaque jour de la viande fraîche, mais nous pou-