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1 (1774)
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159
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Capitaine Byron. 159

une grande diftance de notre quartier, & les animauxétoient fi ombrageux quil étoit très-difficile den appro-cher daffez près pour les tirer ; quelques détachemens ,envoyés pour en tuer lorfquon fut leurs retraites, fu-rent quelquefois vingt-quatre heures h les pourfuivreavant de pouvoir les atteindre ; & lorfquun de cesanimaux avoit été traîné lefpace de fept ou huit millesà travers les bois , 6 c les plaines hériffées de bruyères ,il étoit tout couvert de mouches , exhaloit une odeurfétide, & nétoit plus bon à rien; ce quil y avoit deplus fâcheux , ceft que nos gens , exténués par cespénibles courfes étoient bientôt attaqués de fièvresdont ils avoient peine à fe tirer.

Nous parvenions avec moins de peine a nous pro-curer de la volaille, les bois de cette Ifle font peuplésdune fi grande quantité doifeaux de toutes les efpè-ces quon pouvoit toujours en tirer aifément ; mais lachair en étoit généralement dun mauvais' goût, & lachaleur étoit telle, quune heure après quon les avoittués, ce nétoit plus que de la pourriture.

LIsle abonde en cochons fauvages, qui faifoientnotre plus grande reffource pour la viande fraîche; ilsfont très-féroces , & fi gros quils pefent communé-ment deux cents livres : on pouvoit les tirer fans beau-coup de difficulté ; mais un Nègre , qui étoit a bordde la Tamar, imagina une manière de les prendre aupiège, qui eut le plus grand fuccès : cétoit un grandavantage; nous étions non-feulement allurés de man-ger chaque jour de la viande fraîche, mais nous pou-