du Capitaine Byron. 161
fobriété. Nous acquîmes, par notre propre expérience ,une connoiifance qui auroit pu nous moins coûter; &tous ceux qui mangèrent de ce poifîon, même fobre-ment, furent très-dangereufement malades, ôc couru-rent les riques d’en perdre la vie.
Cette Ifle produit aufli du cotton & de l'indigoen abondance, de afïùrément elle feroit d’un grandrevenu fi elle étoit fituée aux Indes occidentales. LeChirurgien de la Tamar fema différentes graines furun terrein qu’il avoit pris la peine d’enclorre , maisnotre féjour ne fut pas allez long pour retirer aucunavantage de cette plantation.
Tandis que nous étions en rade, j’envoyai laTamar reconnoître Pille de Saypan , qui eft plus con-fidérable que Tinïan par fon étendue ; & l’élévationde fes terres la montre fous un afpeét plus agréable.La Tamar alla mouiller au vent de cette Ifle, à la dis-tance d’un mille du rivage , & par io brades d’eau ,même fond que celui que nous avions à Tinian. Sesgens defcendirent fur une très-belle plage fablonneufe ,qui s’étend l’efpace de fix ou fept milles ; ils fe pro-menèrent dans les bois où ils remarquèrent plufieursarbres qui feroient très - propres à faire des mâts denavire. Ils virent beaucoup de cochons fauvages & de,guanaques, mais aucune trace d’autre bétail, ni aucunoifeau. Ils ne trouvèrent près de la plage aucune fourced’eau douce, mais ils apperçurent un grand étang dansle milieu des terres, dont ils n’approchèrent pas. Degrands tas d’écailles d’huitres perlières, amoncelés furle bord du rivage , & plufieurs autres veffiges , leurTome J. X
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Ann. 176 f.Août.