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1 (1774)
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158
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ï 5 8 Voyage

^ ± r -± r r- deux Matelots moururent k Tinian de la fièvre , &plufieurs autres furent attaqués de cette maladie aprèsêtre guéris du fcorbut. Je ne puis mempêcher decroire que le climat de cette Ifle ne foit très-mal-fain,du moins pendant la faifon nous y fommes venus :les pluies y font violentes & prefque continuelles , &la chaleur y eft fuffifante. Le thermomètre refté k bordfut généralement à 8 6 à , ce qui neft que 9 d au-deftùs de la chaleur du fang : sil eût été à terre,

il auroit monté beaucoup plus haut. Javois été fur lescôtes de Guinée, aux Indes Occidentales & dans lIfleSaint-Thomas qui eft fous la ligne , & je navois ja-mais éprouvé une fi vive chaleur. Mais un ciel brûlantneft pas le feul défagrément quon rencontre danscette Ifle ; en y voit une quantité de mille-pieds, defcorpions & de groftes fourmis noires dont les morfu-res font également dangereufes ; il sy trouve encoreune infinité dinfecles venimeux qui nous éroient en-tièrement inconnus, & qui nous furent très-incommo-des ; leurs piquûres caufoient des douleurs aiguës, &nous tremblions de nous mettre au lit : on nen étoitpas plus exempt k bord que fur le rivage ; ces infec-tes, qui y avoient été portés avec le bois, avoient prispofleftion de tous les recoins , & ne laiffoient aucunrepos aux Matelots , en quelquendroit quils fe lo-geaient.

Aussitôt que nos tentes furent drefîees & quoneut tout difpofé pour le traitement des malades, jen-voyai du monde pour reconnoître les retraites du bé-tail : on parvint k en découvrir quelques-unes, mais a