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du Capitaine Byron. 157
vents feroient plus ou moins forts , il ne fût jamaisallez lâche pour porter fur le fond , &. cet expédientréuflic au gré de mon attente,
Ann. 176 $,Août.
D ans les Syçygies , la mer devient en cét endroitprodigieufement greffe : je n’avois pas encore vu desvaiffeaux à l’ancre éprouver des roulis de cette force ;nous fûmes un jour aff’aillis par des lames qui, chafféespar un vent d’Oueft, étoientli terribles & brifoient avecune telle furie fur le récif, que je fus force de remettreen mer & d’y refter près de huit jours ; car , fi notrecable s’étoit coupé dans la nuit, & que le vent fût venudu large , comme cela arrivoit fouvent, rien n’auroitpu empêcher le vaiffeau d’être jetté fur les roches , &de s’y brifer.
Comme j’étois attaqué du feorbut, je fis dreffer matente lur le rivage, où je pris ma réfidence; j’y fis auffi.établir la forge de l’armurier, & l’on commença àréparer toutes les ferrures des deux vaiffeaux. Nousfûmes bientôt convaincus que l’îlîe produifoit des li-mons, des oranges ameres, des cocos, le fruit-à-pain ( a ),des goyaves & quelques autres fruits ; mais il fut im-poflible d’y découvrir des melons d’eau, de Pofeiîle nid’autres plantes anti-feorbutiques.
Du R a n t notre navigation , il ne nous étoit pasmort un feul homme dans les deux équipages, malgréles cruelles fatigues que nous avions éprouvées, &c ladiverfité des climats que nous avions parcourus; mais
(a) On trouve dans le Voyage du Lord Anfon une defeription dece fruit, pag. 80, yol. II.