du Capitaine Byron. i y y
par l’émail des fleurs , & qu’animent de nombreuxtroupeaux qui y paillent en liberté: nous étions im- Ann.patiens de jouir de la vue de cette délicieufe con- -Juillet,trée , dont on trouve une defcription fl intéreffantedans le voyage du Lord Anfon. Cependant l’objet leplus important étoit de nous procurer du bétail, quinous devenoit de première néceflité; mais le bois étoitfi épais , fi embarraffé de broffailîes , que nous nevoyions pas à deux toifes devant nous ; & que , pourne pas nous perdre dans une forêt prelque imprati-cable , nous étions obligés de nous appeller les unsles autres. L’exceflive chaleur nous avoit fait partiren chemife, fans autres vêtemens que nos longues cu-lottes & nos fouliers , qui en un moment furent enlambeaux. Nous parvinmes néanmoins avec des pei-nes infinies à traverfer ces bois ; mais, à notre grandefurprife , la contrée s’offrit à nos regards fous unafpeét bien différent du tableau qu’on nous en avoitfait. Les plaines étoient entièrement couvertes derofeaux & de buiffons qui s’élevoient, en plufieurs en-droits , plus haut que nous, & par-tout au moinsjufqu’k la ceinture ; nos jambes continuellement cm-baralfées dans ces efpèces de ronces étoient toutesdéchirées. Durant cette marche, nous étions couvertsde mouches de la tête aux pieds ; fi nous voulionsparler, nous étions sûrs d’en avoir la bouche pleine ,
& plufieurs nous entroient jufques dans la gorge.
Après avoir marché ainfi l’efpace de trois ou quatremilles , nous apperçûmes un taureau que nous tirâ-mes \ & un peu avant la nuit, nous revinmes à l’en-
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